Guide opérationnel : s'unir pour l'avenir des bois

Le guide opérationnel du Collectif Forestier Écologique (CFE)

Au-delà de l'amour des bois et de tout ce qu’ils abritent, la gestion d'un Collectif Forestier Écologique (CFE) est une mission aux multiples facettes. En effet, pour les gérants et co-gérants de ces structures, l'enjeu est de concilier trois piliers fondamentaux : la santé et l’implication du collectif citoyen, la production de bois de qualité en parallèle de la régénération de la biodiversité, et le développement d’un modèle viable et juste pour les acteurs impliqués.

Ces derniers mois, Forêts Partagées a travaillé avec les responsables de différents Collectifs Forestiers Écologiques (CFE) afin de décortiquer leurs missions au quotidien : de l’aspect juridique lié à la création de la structure jusqu’à la gestion forestière, en passant par le pilotage financier, l’acquisition de foncier, l'animation de communauté et la communication. Ce guide opérationnel vous propose d'explorer ces missions pour mieux comprendre les coulisses de ces collectifs qui s’épanouissent pour devenir les gardiens d'une forêt vivante et partagée.

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1. Poser des fondations solides

La naissance d'un Collectif Forestier Écologique (CFE) ne débute pas par un premier coup de scie, mais par la cristallisation d'une volonté commune : celle de créer une organisation pérenne autour de pratiques sylvicoles proches de la nature. Cette phase initiale est cruciale car elle transforme une intention citoyenne en une entité juridique solide et opérationnelle.

Tout débute par la constitution d'une équipe fondatrice (généralement de 2 à 15 personnes) réunissant, dans l’idéal, des compétences variées. Sans aller jusqu’à l’expertise, il est recommandé que certains individus du collectif naissant possèdent un minimum d’expérience ou de notions de gestion forestière, de maîtrise juridique, de communication ou de comptabilité. S’assurer de cette diversité de savoir-faire facilitera grandement la genèse de la structure.

C'est ce noyau de fondateurs et fondatrices qui définit les fondamentaux du projet :

  • les valeurs sociales et environnementales,
  • l'aire géographique d'intervention et l’ambition en termes de surface,
  • le degré de professionnalisation souhaité des responsables,
  • les objectifs écologiques : sylviculture douce et préservation des écosystèmes.
  • et le type de gouvernance.

Une fois l'identité posée, le collectif dessine son cadre de fonctionnement. Cela implique de définir un projet économique viable et juste, une politique d'acquisition foncière claire ainsi que les modalités d'entrée ou de sortie des membres.

La question de la gouvernance est ici centrale : Comment s'organise l’équipe responsable de la gestion et du développement du collectif ? Comment se répartissent les responsabilités entre les différents pôles de compétences ? Quelle place laisser aux différents membres ? Ces choix sont ensuite officialisés à travers la rédaction des statuts, et des documents cadres (règlement intérieur, charte, pacte d’associés…).

Le lancement se conclut par des étapes administratives indispensables : la réalisation de l'Assemblée Générale constitutive, l'inscription officielle de l’organisation, et la sélection de partenaires bancaires et assureurs répondant aux critères éthiques du groupe. Pour aider les porteurs de projets à naviguer dans un dédale administratif qu’ils découvrent en faisant, nous avons créé de nombreuses ressources sur le wiki de Forêts Partagées, intégrant des modèles, des comparatifs ainsi que des retours d’expériences.

Enfin, le CFE ne doit pas rester isolé. Dès sa création, il déploie une politique de partenariats institutionnels avec des acteurs clés de l’écosystème, comme le CNPF, les collectivités locales (communes, PNR, département…), le Conservatoire d’Espace Naturel (CEN) ou encore la SAFER. C’est à travers ces diverses rencontres que le CFE trouvera des alliés sur le territoire qui faciliteront son développement.

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2. Pilotage stratégique et économique

Le pilotage d'un GFE ne consiste pas seulement à gérer une ou plusieurs forêts, mais à faire converger une vision citoyenne avec les réalités économiques et environnementales. Cette mission est portée par l’organe exécutif du collectif, en articulation constante avec les instances de gouvernance (bureau, comités, groupes de travail, conseil scientifique, etc…).

Pour que le collectif reste dynamique et soudé, les membres pilotes doivent faire preuve d’adaptabilité, en particulier dans les premières années d’activité. Cette agilité est indispensable pour ajuster les orientations stratégiques au gré des opportunités foncières, ou des difficultés rencontrées sur le terrain. Pour garantir le bon fonctionnement du collectif et l'implication durable des membres, il est important de veiller à l'adaptation régulière de la gouvernance (création de comités en fonction des besoins, responsabilisation des membres motivés…) et à l'animation des différents groupes de travail. En dernier ressort, toute modification significative de la vision initiale fait l'objet de discussions transparentes et d'une validation souveraine en Assemblée Générale.

Sur le plan forestier, les membres pilotes assurent la cohérence entre les moyens financiers disponibles et la politique d'acquisition du groupement, tout en restant attentifs aux opportunités du marché foncier. Cela implique une actualisation régulière des modalités d’entrée et de sortie des associés ; qu'il s'agisse de définir le montant du ticket d’entrée, de gérer les frais de souscription, ou de statuer sur le plafonnement du nombre de membres au sein du capital. Parallèlement, la gérance prend en charge la gestion opérationnelle des augmentations du capital, des actions de communication, jusqu'au suivi des échéances et des modalités pratiques de souscription.

La pérennité du projet dépend enfin d'une gestion économique réaliste. L’organe exécutif actualise le modèle économique pour viser l'équilibre financier en intégrant de multiples variables : l'évolution du capital, la qualité des peuplements et donc des bois exploités, les revenus des récoltes possibles, ainsi que l'arbitrage entre le recours au bénévolat et la professionnalisation des différents travaux.

Une fois cette stratégie financière définie, elle est soumise à la validation des instances dédiées — bureau, comités ou assemblée générale — pour garantir sa cohérence avec le projet global. Ce pilotage inclut également la définition d'une politique de placement des liquidités disponibles, dans le respect des critères éthiques fixés par le collectif.

Enfin, la sécurisation de l'avenir du collectif passe par une anticipation des aléas financiers et naturels. Il est essentiel de constituer une provision de sécurité, sous forme de montant fixe ou de pourcentage, pour parer aux éventuels "coups durs". Parallèlement, une démarche de sensibilisation des membres est nécessaire concernant les risques de perte en capital. Cette vigilance se traduit concrètement par la nécessité de souscrire à des assurances complémentaires pour protéger le patrimoine forestier contre les risques (incendie, maladies, tempêtes...).

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3. L'acquisition du foncier forestier

L’extension du patrimoine forestier est un levier majeur de la mission d’un collectif forestier écologique. La stratégie d’acquisition dépend de l’ambition posée lors de la création de la structure, mais aussi des différents critères forestiers qui auront été décidés en collectif. Naturellement, la stratégie d’acquisition foncière doit être précédée par une étude des outils juridiques complexes, comme le droit de préférence, les préemptions ou les modalités d’apport en nature. Ensuite, elle s’organise autour d’une veille foncière active et ciblée, en définissant des réseaux opportuns et une communication spécifique.

Le succès des acquisitions repose fortement sur la qualité du réseau. Les responsables identifient et approchent des prescripteurs stratégiques principalement issus de la filière-bois (propriétaires, gestionnaires, exploitants…). En entretenant des liens étroits avec les acteurs institutionnels et territoriaux, notamment la SAFER, les Notaires, les Communes, les Parcs Naturels Régionaux (PNR), le collectif maximise ses chances d'établir des contacts directs avec des propriétaires et ainsi d'accéder tôt à des opportunités de vente.

Une fois l’opportunité confirmée, vient la partie terrain avec une visite et une expertise des parcelles proposées. Les membres du collectif disposant des compétences forestières évaluent la qualité du bien, prennent des avis externes si nécessaire - un gestionnaire forestier local par exemple, et mènent les négociations. À ce stade, elle mobilise l'instance dédiée pour obtenir une décision finale ou un mandat de négociation.

Enfin, l’organe exécutif assure la finalisation administrative et juridique de chaque achat. Elle gère la relation avec le notaire, procède à la relecture des compromis et assure la signature des actes de vente. Une fois l’acquisition actée, des démarches de suivi sont indispensables : déclaration des parcelles à l’assurance (responsabilité civile, tempête, incendie) et vérification de la classification cadastrale pour d'éventuelles modifications.

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4. Une sylviculture écologique

La gestion forestière est le cœur battant du projet écologique et économique. En premier lieu, le collectif doit arbitrer entre une gestion interne ou le recours à un gestionnaire forestier externe. Dans ce second cas, il lui incombe de définir précisément l'articulation entre l’organe exécutif et le prestataire, tout en contractualisant les missions spécifiques telles que l'élaboration d’un Plan Simple de Gestion (PSG) ou l’organisation des coupes. Cette réflexion s'accompagne d'une analyse sur la pertinence de faire labelliser la forêt, par exemple via les certifications FSC ou PEFC.

Le cadre technique de cette gestion repose sur l’élaboration et la mise à jour régulière des documents de gestion durable. Ces documents, qu'il s'agisse de Plans Simples de Gestion (PSG) ou d'adhésions aux Codes des Bonnes Pratiques Sylvicoles (CBPS), doivent impérativement intégrer le respect du sol et de la biodiversité selon les principes de la Sylviculture Proche de la Nature ou de la Sylviculture Mélangée à Couvert Continu (SMCC). Une fois rédigés, ces documents sont soumis à la validation du CNPF, d’où l’intérêt de rencontrer votre agent local, lors de la création du collectif.

Sur le terrain, la mise en œuvre de cette sylviculture écologique se traduit par des actions précises. Le marquage des éclaircies est réalisé en cohérence avec le document de gestion durable et la vision environnementale du collectif, tout en estimant le volume et la qualité des bois potentiellement commercialisables. Lors de l'exploitation forestière, elle veille à la rédaction de contrats intégrant des clauses écologiques strictes, puis assure le suivi des chantiers et des Entrepreneurs de Travaux Forestiers (ETF) mobilisés, tels que les bûcherons et débardeurs. La commercialisation des bois en local est privilégiée, et fait l'objet d'un choix de mode de vente (en bloc, sur pied ou bord de route) ainsi que d'une mise en concurrence des acheteurs avant contractualisation.

Enfin, les personnes responsables des aspects sylvicoles assurent la maintenance et la pérennité du patrimoine boisé. Elle définit et suit les travaux sylvicoles nécessaires, comme les plantations, les dégagements ou les tailles, en recrutant les intervenants adaptés - voire en faisant participer les autres membres lorsque c’est possible. Son rôle s'étend à l'amélioration de l'accessibilité via la création ou l'entretien de la desserte forestière et des limites de parcelles, en montant si besoin des dossiers de subvention. Une veille sanitaire constante est également mise en place pour assurer un suivi et, si nécessaire, alerter le Département de la Santé des Forêts (DSF) en cas de risque biologique majeur.

Le pilotage financier de la forêt constitue un volet indispensable pour soutenir les opérations sylvicoles. Le collectif assure la recherche active de financements et prend en charge le montage ainsi que le suivi des dossiers de subvention, que ce soit pour les travaux forestiers ou pour l’exploitation proprement dite. Le CFE peut, dans ce cadre, s'appuyer sur les données techniques fournies par le gestionnaire forestier. Parallèlement, un enregistrement des données économiques est mis en place : coûts des chantiers, volumes et qualités des ventes de bois, identité des clients et prix pratiqués sont consignés. Ce suivi, réalisé par unité de gestion ou par parcelle, garantit une vision claire de la rentabilité sur le temps long et permet de rendre compte fidèlement à l'ensemble des membres.

Au-delà de l'aspect purement technique, le CFE se doit de s'insérer harmonieusement dans l’écosystème local. La gérance veille donc à établir et formaliser des relations avec les partenaires du territoire, tels que les chasseurs, les agriculteurs, les communes ou d'autres collectifs forestiers voisins (GF ou association), en passant par le conventionnement si la situation l'exige. Enfin, pour garantir la pertinence de ses décisions, l'organe exécutif s'engage dans une démarche de formation continue. Cela passe par le maintien et le développement des compétences techniques et environnementales, que ce soit via des ressources numériques (MOOC, webinaires), des réunions techniques ou des cycles de formation spécialisés.

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5. La gestion administrative et comptable

Les membres pilotes assurent le suivi opérationnel de la comptabilité en prenant en charge le paiement des factures, l'établissement des encaissements et la mise en place de prélèvements automatiques pour les charges récurrentes telles que les taxes foncières ou les assurances. La tenue régulière de cette comptabilité est essentielle pour produire un compte de résultat et un bilan annuel fiables, documents indispensables à la présentation des rapports financiers aux associés lors des Assemblées Générales.

Le volet fiscal constitue une autre mission cruciale du collectif qui doit réaliser en temps et en heure, l'ensemble des déclarations obligatoires, qu'il s'agisse de l'identification des bénéficiaires effectifs, et le cas échéant des déclarations de TVA, tout en répondant aux sollicitations des administrations fiscales. Un soin particulier est apporté au calcul du revenu forfaitaire pour les associés. Ce calcul intègre les dispositifs fiscaux spécifiques (DEFI acquisition et travaux), les recettes annexes comme les baux de chasse ou la location d'étangs, ainsi que les revenus des placements financiers et la part des assurances déductibles. L'organe exécutif est donc en mesure d'apporter des précisions claires aux associés sur ces éléments lors de leurs déclarations de revenus.

Enfin, la pérennité administrative de la structure est garantie par une organisation documentaire exemplaire. La gérance met en œuvre une gestion électronique des documents définissant précisément les niveaux de partage, les modalités d'accès et les conditions de sécurisation. Tous les documents officiels concernant le fonctionnement de la structure doivent être archivés avec clarté, tant en format papier qu'en format électronique sur un espace de stockage en ligne. Pour sécuriser l'ensemble de ces pratiques sur le long terme, une veille permanente sur les évolutions réglementaires en matière juridique, fiscale et sociale est indispensable.

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6. L'animation du collectif

Le dynamisme d’un Collectif Forestier Écologique repose aussi sur sa capacité à fédérer et à engager ses membres sur le long terme. L’organe exécutif définit une stratégie de communication claire pour accroître la notoriété du projet et attirer de nouveaux membres. Ce recrutement s'appuie sur le partage des fondamentaux écologiques et citoyens qui constituent l'ADN du collectif. Une fois les candidats identifiés, l’organe exécutif pilote le processus d'intégration : validation des candidatures, complétude du dossier, encaissement des apports et des frais d'entrée, jusqu'à l'envoi des attestations officielles. Pour accompagner cette croissance, un registre de membres, conforme à la RGPD, est paramétré et tenu à jour rigoureusement pour refléter chaque évolution.

La vie démocratique du groupement nécessite une transparence constante. L’organe exécutif assure la mise à jour de la composition du collectif auprès des organismes officiels comme l'INPI, en s'appuyant si besoin sur des experts externes. Il a également pour mission de mobiliser les compétences internes des membres pour soutenir les activités du collectif. Cette implication est entretenue par une communication régulière, notamment via une lettre d'information, et par l'organisation de moments forts : visites de forêts, passages en scierie, martelage, plantations ou formations sur la faune et la flore. L'objectif est de sensibiliser et de former les membres pour qu'ils deviennent des ambassadeurs actifs du collectif.

Le point d'orgue de cette vie sociale est l'organisation de l'Assemblée Générale annuelle, que nous recommandons d'organiser en présentiel. L’organe exécutif en assure la préparation complète, depuis la rédaction des rapports d'activités et financiers jusqu'à l'envoi des convocations et la gestion logistique des débats et des repas. Au-delà de cet événement formel, il exerce une veille attentive sur la dynamique démocratique globale en s’assurant que les processus de prise de décision restent fluides et inclusifs afin de garantir que chaque voix puisse contribuer à l'avenir du collectif.

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7. Le positionnement dans l’écosystème

Le développement du Collectif Forestier Écologique nécessite de travailler à son rayonnement, au minimum à l’échelle locale. Le collectif assure la gestion des outils numériques, incluant l'administration du site internet et l'animation des réseaux sociaux, afin de maintenir un lien constant avec le grand public. Pour garantir la cohérence de l'image du collectif, la gérance supervise la réalisation de supports physiques en veillant au respect d'une charte graphique prédéfinie. Ce travail de visibilité est complété par une présence physique lors d'événements locaux stratégiques, comme des foires, des conférences ou des projections de films, permettant de porter les valeurs du projet auprès des citoyen(ne)s.

Le rayonnement du CFE repose également sur la force de son réseau. La gérance identifie, développe et valorise des partenariats variés incluant des réseaux professionnels, des prestataires de confiance et des clients locaux. Cette stratégie de relations publiques s'étend aux médias : l'organe exécutif sollicite et gère les relations avec la presse locale, la radio et la télévision pour faire connaître les actions du groupement. En parallèle, la gérance joue un rôle central en répondant aux sollicitations diverses émanant de personnes intéressées, de journalistes, de riverains ou de propriétaires souhaitant proposer une parcelle à la vente.

Enfin, le collectif s'affirme comme un espace pédagogique et de découverte. L'organe exécutif organise l'accueil de groupes extérieurs pour des visites guidées et des parcours de découverte du fonctionnement du collectif forestier. Ces temps d'échange permettent de sensibiliser un large public aux enjeux de la gestion forestière écologique et citoyenne, tout en ancrant durablement le projet dans le territoire.

Conclusion

À la lecture de ce guide, l'ampleur des missions peut paraître intimidante. Pourtant, la force d'un Collectif Forestier Écologique (CFE) réside bien dans son collectif : le projet se co-construit patiemment, et la répartition des tâches transforme ces quelques défis en un parcours de succès partagés. En suivant ce guide, les nouveaux collectifs pourront se doter d'une feuille de route solide pour transformer une ambition citoyenne en une réalité territoriale durable.

Retenez aussi que la création et le développement d'un collectif forestier écologique est une aventure entrepreneuriale : c'est une école de démocratie, de résilience et de gestion économique où l'on apprend tant sur le plan humain que forestier. Enfin, au-delà des dimensions administratives et humaines, le cœur du projet bat en forêt. Il est profondément valorisant de passer du temps dans « ses » bois, d'en observer l'évolution et de voir concrètement le résultat de ses actions. La forêt, par son temps long, nous impose cette humilité et cette organisation : nous ne nous contentons pas d’acheter des forêts, nous cultivons un héritage pour les générations futures.

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Remerciements
Merci à Denis, Cécile, Benoit, Romuald, Pierre, Lauréline et Thierry pour leur contribution dans la réalisation du référentiel d'activités qui a conduit à la rédaction de ce guide opérationnel, qui continuera d'évoluer dans les mois à venir.